Vous êtes si nombreux à me demander les plans de mon gazogène et comme je n'ai pas le temps de répondre à tout le monde (je m'en excuse), voici le schéma du gazogène. Tout est en acier de base, les tôles 15/10 (à l'intérieur de la bouteille de gaz) sont roulées et soudées au tig. Apportez une attention toute particulière à l'étanchéité des soudures... Bonne chance à tous !


Le fonctionnement est simple : l'air frais arrive par la droite et entre dans une chambre de répartition circulaire et passe à travers des orifices calibrés par des gicleurs (non représentés sur la figure) qui sont de simples boulons percés et vissés dans la tôle. On peut donc ajuster la taille des gicleurs très facilement en les interchangeant. L'air se retrouve donc dans la chambre de combustion (entre les deux cônes verticaux) et amorce la combustion du bois (allumé auparavant par une mèche) et la production de gaz pauvre. Le gaz descend dans la partie inférieure et continue sa transformation. Il rejoint la sortie ou il sera nettoyé, refroidit et mélangé à de l'air frais pour être introduit dans le moteur.
C'est simple non ? A votre tour...
Un gazogène est un dispositif qui permet de fabriquer un gaz combustible, en général à partir de bois, de charbon ou toute autre matière qui peut être décomposée. Ce gaz de gazogène, est communément appelé gaz pauvre, du fait de sa faible valeur calorifique comparée à celle du gaz naturel, ou autre GPLc et GNV.
Les gazogènes alimentent en général les moteurs à combustion interne. Ils ont été très utilisés pendant la guerre 39-45 pour pallier au manque de carburant d'origine fossile (diesel, essence...). On pouvait donc transformer certains véhicules ordinaires en véhicule fonctionnant au gazogène. Beaucoup de camions ont été transformés, des tracteurs également, ainsi que des véhicules comme la Traction Avant. On pouvait reconnaitre facilement ces véhicules, car la transformation laissait apercevoir les dispositifs de refroidissement du gaz (les refroidisseurs), la chaudière, et les sacs de bois ou de charbon sur le toit. Pour ceux qui lisaient la BD "Gaston Lagaffe" en étant plus jeune, la voiture de Gaston en est une très belle illustration :

Très vite, à la fin de la guerre, les carburants liquides sont devenus facilement disponibles et leur prix de revient a vite fait d'envoyer le gazogène aux oubliettes. 1L d'essence est l'équivalent d'environ 3,5kg de bois, de bon bois, pas du bois de sapin ! Du faillard ou du chêne, dont l'énergie calorifique est la meilleure. On conçoit donc bien, que le gazogène dépannait bien, mais que c'était lourd, sans compter qu'il fallait un peu de doigté pour le faire fonctionner. Le mot "chauffeur" n'a pas été donné au hasard à ces conducteurs. Aujourd'hui, appeler un conducteur par "chauffeur"? n'a plus vraiment de sens...
J'ai décidé de fabriquer mon propre gazogène pour plusieurs raisons:
1) Hé oui, faut bien s'occuper l'esprit !
2) Fabriquer un dispositif ancien permettant d'utiliser de la bio-masse pour faire du courant et de la chaleur, en quelque sorte un système de cogénération (alternateur + récupération de la chaleur du moteur)
3) Etudier un système thermomécanique, qui est le fondement de ma formation.
4) Adapter ce dispositif sur une de mes autos et éviter de payer 1,50€ le litre d'essence...
Signification du nom du gazogène :
XP : expérience prototype
G : gazogène
01 : premier proto
R : Riquet (frères et copains)
Les différents composants du gazogène XPG01R sont présentés ci-dessous:

On retrouve de gauche à droite: le moteur de tondeuse Biggs&Stratton full origine, la chaudière, le filtre à poussière de type cyclone, la gestion électronique 128 bits 400Ghz et devant les différents raccords et robinets pour maîtriser la puissance du bestiau !
Nous avons tout d'abord vérifié le fonctionnement du gazogène seul, à vide, c'est à dire sans que celui-ci alimente le moteur thermique. Il faut quelques minutes pour qu'il atteigne sa température de fonctionnement.
ça mise en fonctionnement est très simple : nous soufflons de l'air à l'entrée de la chaudière, et lorsque les gaz en sortie sont suffisamment chauds, nous présentons une flamme de briquet à proximité. L'inflammation du gaz signifie que la chaudière (le générateur de gaz) peut-être reliée à l'alimentation du moteur.
Ci dessous, le chaudière en fonctionnement à vide :

Une fois le fonctionnement de la chaudière amorcé, nous la relions à l'alimentation du moteur de la "104 Gazeot" :
L'alimentation se fait directement par la pipe d'admission, par un tube préalablement soudé sur celle-ci:

Le bois utilisé pour ces premiers essais était de l'épicéa. Pour un fonctionnement optimal, il est conseillé d'utiliser du bois dur, comme du chêne, du faillard (hêtre) ou du fresne dont la valeur énergétique est bien meilleure et les dépôts de suie moindres. On peut également utiliser du charbon de forge.
La taille des morceaux de bois que nous avons introduits dans le générateur est relativement petite, et la forme s'apparente à des cubes de 3 à 4 cm de côté, coupés à manuellement à la hache.
D'ailleurs en parlant de ça, la hache de la grand-mère coupe particulièrement bien...Oui Yohan a terminé aux urgences la dernière fois, pour un honorable score de 3 points de suture qui se divisent en deux pour l'index, et 1 pour le pouce. Admirez les jolis pensements fais par une jeune et jolie infirmière de l'hôpital d'Annecy :

Yoyo à son retour de l'hosto ptdr !

Voici l'équipe de bras cassés (ou des doigts coupés c'est comme vous voulez) qui a participé à ce projet :
Yoyo (vous le connaissez dèjà, il est en photo juste ci-dessus)

Manou : devant le barbec de compet', qui comme vous l'aurez vu (hein Nénette !!! :-) ), est un ordinateur. Hé oui le recyclage des ordures (sans jeu de mots) nous concerne tous...
Moi-même :

Un grand merci à Yoyo et à Manou pour leur aide apportée à ce projet.
Je tiens également à remercier Adrien Vacher, fournisseur officiel de carburant pour les acharnés qui ont menés à bien les essais du gazogène XPG01R.
