Lundi 07 Août 2006

Le chêne commence à fabriquer ses fruits, les glands, en été. Toutes les années ne sont pas propices à de bonnes glandées, la pluviométrie joue un rôle important.

La première chose à faire est de repérer, à partir du mois d'Août, des chênes relativement en bonne santé, possédant un nombre important de fruits, qui sont encore verts à cette époque de l'année. Les glands, arrivent à maturité en automne, et tombent ensuite de l'arbre. C'est à ce moment là où la récolte peut se faire.

Sélectionner les glands les plus jolis, ceux dont la forme est régulière, la couleur uniforme, la coque intacte. Ils ne doivent pas être pourris, ni comporter de trous de vers. Une façon simple de vérifier s'ils sont verreux, et de les plonger dans une bassine d'eau et de vérifier s'ils ne flottent pas. Les glands qui flottent sont à exclure.

Une fois la sélection terminée, les glands peuvent être plantés dans la terre à une profondeur ne dépassant pas deux fois la taille du gland, ce qui correspond à environ 1 cm maximum. Si le gland est planté trop profondément, le germe sera asphixié, n'ayant pas assez d'énergie pour repousser la terre qui le recouvre. Il ne faut pas tasser la terre au-dessus du fruit. Les semences doivent être placées en extérieur, donc elles peuvent se faire soit dans la terre directement, soit dans des petits pots qu'on peut se procurer chez les pépinièristes gratuitement la plupart du temps, qui nécessitent juste d'être lavés pour enlever toute trace de maladie. N'allez pas acheter des petits pots à 5€ les 10 pièces dans la première grande distribution du coin ! Les glands peuvent être recouverts de sable à la place de la terre, mais c'est une opération que je n'ai pas encore essayée.

Les petits rongeurs comme les rats sont extrêmement friands des glands. C'est un fruit extrêmement énergétique pour eux, surtout avant l'hiver. J'en ai fait la malheureuse expérience lorsque j'ai laissé mon saladier contenant pas moins de 1,5kg de glands par-terre dans mon atelier. Trois jours après, le saladier était vide ! Et puis ils ne se sont pas arrêtés là, ils ont continué dans mes plantations.

Il faut donc prévoir de quoi protéger les semences des petits nuisibles. Si elles sont éloignées de votre habitation, un bâton de dynamite fixé judicieusement à un pistolet à taupe peut facilement faire l'affaire, mais vous avez de grandes chances de perdre tout votre travail, et ça fait un peu de dégâts. Sinon, il reste la méthode du grillage très fin, en fil métallique (en cuivre ou zinc) englobant les semences.

Il ne reste plus qu'à patienter jusqu'au printemps, où vous verrez les premières tiges appraître au mois d'avril.

En fait, il n'y a pas de recettes miracles pour la plantation d'un chêne. Il suffit d'imiter la nature, du moins l'écureuil. C'est lui qui, en automne, passe son temps à ramasser une quantité inconsidérable de glands, qu'il enfouit dans le sol, et qu'il ira ramasser durant l'hiver pour se nourrir. L'écureuil étant un animal prévisible, il en "plante" bien plus qu'il en a besoin, et beaucoup de glands auront la chance de germer et de pousser si un minimum de lumière arrive jusqu'à leurs feuilles.

Il existe aussi la méthode de laisser les semences non pas à l'extérieur mais dans un réfrigérateur pendant quelques mois. C'est une technique que je ne connais pas, mais que je vais sûrement essayer cette année. Si quelqu'un a des infos, celles-ci sont les bienvenues.

publié par Riquet dans: Sylviculture
Créer un blog sur arviblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus